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 4ème dimanche de Carême

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Evelyne
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Localisation : Floreffe (près de Namur) Belgique
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MessageSujet: 4ème dimanche de Carême   Ven 16 Mar - 0:39

4e dim. de Carême (18/3) : Explication
Lc 15,1-3.11-32

Trois paraboles. Retrouver ce qui était perdu en est le thème commun. Leur destinataires, des pharisiens, reprochent à Jésus de s’entourer de gens peu recommandables : « Cet homme-là fait bon accueil aux pécheurs et mange avec eux » (15,1-2). Devant leur indignation, Jésus se met à raconter trois faits de vie. Chaque fois, il est question de l’amour de Dieu pour les hommes, de sa joie quand il retrouve l’un d’entre eux. De parabole en parabole cette joie devient de plus en plus précieuse et intense : une brebis sur cent, une pièce sur dix, un fils sur deux.

Les publicains et les pécheurs venaient tous à Jésus pour l’écouter. Les pharisiens et les scribes récriminaient contre lui : « Cet homme fait bon accueil aux pécheurs, et il mange avec eux ! »
Les publicains étaient considérés comme des pécheurs publics. Ils étaient détestés de leurs compatriotes parce qu’ils levaient les charges pour le compte de l’occupant romain, c’étaient les collabos de l’époque, qui profitaient de leur situation pour s’en mettre plein les poches.

Alors Jésus leur dit cette parabole : « Si l’un de vous a cent brebis et en perd une, ne laisse-t-il pas les quatre-vingt-dix-neuf autres dans le désert pour aller chercher celle qui est perdue, jusqu’à ce qu’il la retrouve ?
Jésus s’adresse aux chefs religieux à travers l’image du berger. Ne sont-il pas sensés imiter le comportement du berger ?

...et en perd une, ne laisse-t-il pas les quatre-vingt-dix-neuf autres dans le désert pour aller chercher celle qui est perdue, jusqu’à ce qu’il la retrouve ?
Par le fait de s’entourer de pécheurs et d’exclus, Jésus entend révéler les sentiments de Dieu envers son peuple. Chacun compte pour lui. Le berger laisse tout son troupeau au désert et part à la recherche de cette unique brebis égarée. La parabole joue sur la tension entre le multiple et l’unique, les quatre-vingt-dix-neuf et celle qui s’est perdue. Au groupe marginal des collecteurs d’impôts et des pécheurs, Jésus oppose le troupeau de ceux qui n’ont pas besoin de conversion. Celui que l’on perd a toujours visage unique et est cause d’une souffrance unique.

Quand il l’a retrouvée, tout joyeux, il la prend sur ses épaules, et, de retour chez lui, il réunit ses amis et ses voisins ; il leur dit : “Réjouissez-vous avec moi, car j’ai retrouvé ma brebis, celle qui était perdue !” Je vous le dis : C’est ainsi qu’il y aura de la joie dans le ciel pour un seul pécheur qui se convertit, plus que pour quatre-vingt-dix-neuf justes qui n’ont pas besoin de conversion.
Tendresse joyeuse du berger qui porte sa brebis à la maison et célèbre les retrouvailles dans tout le voisinage. Le retentissement de cette joie remplit les alentours et jusqu’au ciel : car il en est de même "là-haut". Dieu avec tous ses anges fête la conversion d’un seul et s’en réjouit plus que de tous les autres... qui n’ont pas besoin de conversion ! oui le repas que Jésus prend avec les pécheurs, au scandale des pharisiens, préfigure le festin que Dieu célèbre avec ceux qui ont reconnu le temps de sa visite et ont fait oeuvre de conversion. Cette conversion est à l’origine d’une joie qui semble faire écho à celle de la naissance de Jésus quand le chant des anges remplissait la nuit de son éclat : paix aux hommes, ses bien-aimés. (2,14)

Ou encore, si une femme a dix pièces d’argent et en perd une, ne va-t-elle pas allumer une lampe, balayer la maison, et chercher avec soin jusqu’à ce qu’elle la retrouve ? Quand elle l’a retrouvée, elle réunit ses amies et ses voisines et leur dit : “Réjouissez-vous avec moi, car j’ai retrouvé la pièce d’argent que j’avais perdue !” De même, je vous le dis : Il y a de la joie chez les anges de Dieu pour un seul pécheur qui se convertit. »
Une drachme sur dix est une perte importante et la ménagère n’a de repos qu’elle n’ait retrouvé sa pièce. De l’image du berger on passe au budget d’une bourse familiale et chacun peut imaginer le soulagement joyeux de celle qui réunit son voisinage pour communiquer la bonne nouvelle. Oui, répète Jésus, un seul pécheur qui se convertit, provoque une joie sans prix au ciel . Le fait d’évoquer les anges en rapport avec le voisinage prépare la parabole suivante où la conversion est comparée au retour d’un pécheur, non pas à la table des pharisiens mais à celle du Père.

Jésus dit encore : « Un homme avait deux fils. Le plus jeune dit à son père : “Père, donne-moi la part d’héritage qui me revient.” Et le père fit le partage de ses biens.
D’emblée il y a césure. Un homme, deux fils, la part d’héritage, le partage des biens. La parabole commence par nommer le Père, c’est lui, le personnage central, lui dont les gestes doivent faire réfléchir les pharisiens à leur rapport aux autres et à l’idée qu’ils se font de Dieu.

Peu de jours après, le plus jeune rassembla tout ce qu’il avait, et partit pour un pays lointain où il gaspilla sa fortune en menant une vie de désordre. Quand il eut tout dépensé, une grande famine survint dans cette région, et il commença à se trouver dans la misère. Il alla s’embaucher chez un homme du pays qui l’envoya dans ses champs garder les porcs. Il aurait bien voulu se remplir le ventre avec les gousses que mangeaient les porcs, mais personne ne lui donnait rien.
Eloignement progressif du fils : au loin de son pays, des valeurs reçues, de son statut familial, en bas de l’échelle sociale et au fond du gouffre. Les porcs sont les animaux les plus méprisés, impurs ; les garder, le métier le plus dégradant que l’on peut imaginer.

Alors il réfléchit : “Tant d’ouvriers chez mon père ont du pain en abondance, et moi, ici, je meurs de faim ! Je vais retourner chez mon père, et je lui dirai : Père, j’ai péché contre le ciel et contre toi. Je ne mérite plus d’être appelé ton fils. Prends-moi comme l’un de tes ouvriers.”
Il se compare aux salariés de son père et trouve que - tout compte fait - ils sont mieux traités que lui ici. Ils ont abondance de pain alors que lui meurt de faim. Au regard de son salaire de misère il envisage son retour et ne demande qu’à être traité comme un des nombreux ouvriers de son Père.

Il partit donc pour aller chez son père. Comme il était encore loin, son père l’aperçut et fut saisi de pitié ; il courut se jeter à son cou et le couvrit de baisers. Son père court à ses devants et tous ses gestes font éclater le discours qu’avait préparé le Fils.
Son père court à ses devants et tous ses gestes font éclater le discours tout préparé d’avance par le fils.

Le fils lui dit : “Père, j’ai péché contre le ciel et contre toi. Je ne mérite plus d’être appelé ton fils...”
Malgré la tendresse du Père, le prodigue se tient à son discours, non, il ne mérite plus d’être son fils. Mais en quoi l’avait-il jamais mérité, l’autre fils en se le demandant va s’entendre dire la réponse.

Mais le père dit à ses domestiques : “Vite, apportez le plus beau vêtement pour l’habiller. Mettez-lui une bague au doigt et des sandales aux pieds. Allez chercher le veau gras, tuez-le ; mangeons et festoyons. Car mon fils que voilà était mort, et il est revenu à la vie ; il était perdu, et il est retrouvé.” Et ils commencèrent la fête.
Le Père ordonne que son fils soit revêtu des plus beaux vêtements de fête, qu’on lui remette l’anneau en signe d’autorité et les sandales de l’homme libre. Qu’il retrouve son identité. Il était perdu, et il est retrouvé, c’est le motif central de l’ensemble de ces trois paraboles destinées aux pharisiens et à leurs attitudes marginalisantes envers les pécheurs.

Le fils aîné était aux champs. A son retour, quand il fut près de la maison, il entendit la musique et les danses.
Réaction progressive de l’aîné, il passe de l’étonnement à la colère, puis au refus.

Appelant un des domestiques, il demanda ce qui se passait. Celui-ci répondit : “C’est ton frère qui est de retour. Et ton père a tué le veau gras, parce qu’il a vu revenir son fils en bonne santé.”
Il se fait renseigner sur les raisons de cette fête imprévue et le serviteur qui connaît le père lui en fait un rapport qui se résume à la joie du Père devant son fils retrouvé sain et sauf.

Alors le fils aîné se mit en colère, et il refusait d’entrer.
Refus de l’aîné, lui qui n’a pas besoin de conversion, refus d’entrer pour participer à la fête. Les destinataires de la parabole se reconnaissent-ils ?(verset 1)

Son père, qui était sorti, le suppliait.
Le père a le même mouvement que pour l’autre fils, il sort à sa rencontre, il va à ses devants, et il se met à le supplier.

Mais il répliqua : “Il y a tant d’années que je suis à ton service sans avoir jamais désobéi à tes ordres, et jamais tu ne m’as donné un chevreau pour festoyer avec mes amis. Mais, quand ton fils que voilà est arrivé après avoir dépensé ton bien avec des filles, tu as fait tuer pour lui le veau gras !”
La réponse de ce premier fils ressemble étrangement à ce que s’était dit le plus jeune à l’autre extrême du pays et des sentiments du père mais dans la prise de conscience de sa "mort". Il parle en termes de service, d’obéissance et d’ordre, en termes d’observance et de soumission - et se montre insatisfait, indûment récompensé par ce père qui na jamais fait de fête pour lui.

Le père répondit : “Toi, mon enfant, tu es toujours avec moi, et tout ce qui est à moi est à toi.
Tout est à toi et te revient, non pas comme une part à saisir mais comme le don de la vie chaque jour renouvelé.

Il fallait bien festoyer et se réjouir ; car ton frère que voilà était mort, et il est revenu à la vie ; il était perdu, et il est retrouvé !“ »
La fête est celle de l’amour du Père qui célèbre la seconde naissance du Fils, il invite l’aîné à entrer dans cette fête du par-don, et à rendre au plus jeune sa fraternité.

Les trois paraboles, avec leur bruissement de joie qui remplit le voisinage et qui fait chanter le ciel à l’occasion du retour d’un seul de ces pécheurs, posent à leurs auditeurs - à nous tous donc - une question cruciale : Qui a mal à celui qui s’éloigne ? Que faisons-nous pour le chercher ?

Site "Port saint Nicolas" (voir liens)

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MessageSujet: Re: 4ème dimanche de Carême   Mer 3 Sep - 17:28

Avec des jeunes

L'évangile est connu : le fils prodigue.

J'ai souvent constaté que cette lecture entraînait une réaction d'injustice chez les enfants et que ce sentiment les empêchait d'aller plus loin dans la compréhension du texte, en oubliant le centre merveilleux de la parabole : la miséricorde de Dieu !
Pour une animation du temps de la Parole qui est généralement assez courte, je conseillerais donc de ne pas prendre la dernière partie du texte (réaction de colère du fils aîné), surtout avec les plus jeunes ...
Si malgré tout la question venait au jour (les enfants ont bonne mémoire, parfois !!!), voici une réflexion ... qui n'engage que moi. Wink

Que répondre à un enfant qui aborderait le sujet de l’injustice ?
Il n’y a pas de réponse toute faite ! Il faut d’abord chercher le pourquoi de cette réaction. Je crois qu’il faut «faire simple » avec des enfants : d’abord en revenir à l’introduction > les pharisiens reprochent à Jésus d’aimer tout le monde (nous serions enclins à critiquer ces fameux pharisiens) – ne faisons-nous pas pareil en condamnant le père qui accueille de même façon les deux fils. Le pardon n’efface pas la faute : le cadet a déjà chèrement payé sa bêtise, faut-il en « remettre une couche » ? Enfin, si le père n’accueillait pas ce fils parce qu’il s’est éloigné de lui, n’agirait-il pas en tant qu’homme plutôt qu’en tant que Dieu ?
La catéchèse ne doit pas nécessairement tout faire comprendre tout de suite aux enfants, une petite graine semée aujourd'hui peut très bien porter du fruit demain ; il ne faut cependant pas éluder les questions des enfants ni rejeter leur refus d’accepter l’une ou l’autre situation. Il faut alors leur dire avec simplicité que l’on comprend la difficulté mais rester ferme dans sa propre foi !
Pour le texte du jour, je crois qu’il faut en revenir au cœur du texte : la bonté du père qui accueille avec autant de miséricorde le cadet qui s’est éloigné de lui que l’aîné qui se met en colère contre lui !

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